Les fleurs de la mémoire

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Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 21:14

Bonsoir.

Comme il n'y a pas grand monde dans cette partie et que je passe pas mal de temps à écrire, je me suis dit que je pourrais peut être partager avec vous une des histoires que je suis en train d'écrire. J'en ai fini une autre avant mais celle-ci ne l'est pas encore. Ce soir, je vous présente la première moitié du prologue. Si ça vous plait, je posterai la suite. Sinon j'ai d'autres histoires plus courtes aussi que je vous proposerai peut être un jour. Mais "Les Fleurs de la Mémoire" est celle auquel je tiens le plus.

Spoiler:


Prologue 1ère partie

Aline pose sa main sur le rebord du balcon. Le soleil brille et se reflète sur le lac. Au loin, un train passe dans la prairie à toute vitesse. Elle ferme les yeux. Elle s'y sent bien. Elle resterait bien ici toute sa vie. Pouvoir se poser librement dans l'herbe verte et écrire, dessiner... Le bonheur à l'état pur.

L'atterrissage impromptu d'un objet sur le sommet de sa tête interrompit la rêverie de la jeune femme.

" Mlle Leblanc! Si mon cours ne vous intéresse pas, vous pouvez sortir! "

Elle rougit et baissa les yeux. Devant elle, Mme Mongevin, la professeure d'Histoire Moderne la fusillait du regard. Ce n'était pas la première fois qu'elle s'endormait en cours. La fin de l'année scolaire arrivait à grands pas et le soleil parisien tapait fortement sur les vitres de la salle de classe. Elle avait la chance de faire partie de l'élite parisienne qui avait la possibilité d'aller à l'université. Elle n'avait donc pas le droit à l'erreur. La prof reprit son cours sur les années 2000. Elle les enviait ces gens qui habitaient ici il y a 500 ans de ça. Chacun pouvait choisir son métier, son avenir. On pouvait faire des études ou aller travailler, étudier la médecine, l'informatique ou même devenir fleuriste selon ce que l'on préférait. Maintenant, ça n'était plus comme ça. Tout avait changé et le hasard était devenu maître mot.

A dix ans, elle avait participé à un tirage au sort avec tous les enfants de son âge. Sur les vingt élèves présents ce jour-là, elle avait eu la chance de faire partie des seize élus pour aller au collège. Les quatre autres avaient dû arrêter l'école à partir de cette date et aller travailler dans les champs. Puis cinq ans plus tard, il en avait été de même pour le lycée. Deux avaient été tirés au sort pour aller chez les littéraires, trois devaient suivre des études d'économie et cinq se spécialisaient dans le scientifique. Elle fait partie des économistes. Pour les six autres, c'était à leur tour d'arrêter leurs études. Et c'est ainsi qu'à vingt ans, elle fut choisie, toujours par tirage au sort, pour continuer ses études et ainsi avoir la possibilité d'intégrer les hautes sphères de la société.

Avant, les gens étaient libres... plus maintenant ! Toute la vie des gens était gérée à la lettre. Les gens étaient devenus comme des robots. Ils obéissaient par peur d'une crise semblable à celle de 2024. Pour tout le monde, cette crise était due à un excès de liberté des gens. Mais elle savait, grâce à ses longues études, que cette explication n'était pas complète. Cela venait en grande partie du système scolaire. Les gens pouvaient choisir leur métier. Cependant, les riches avaient l'argent pour tenir les hautes places et les pauvres devaient se contenter des basses besognes. Les hommes se croyaient libres et égaux mais ils ne l'étaient pas du tout. Un jour, quelqu'un leur ouvrit les yeux sur la réalité de leur monde, entraînant ainsi une grande révolution qui frappa tour à tour tous les pays du monde.

De cette révolution est née en une centaine d'années un nouveau mode de vie, basé sur l'égalité des chances. Tout avait été changé. Maintenant, tout était calculé. Le nombre de naissances était calqué sur le nombre de décès. Pour les études aussi, le calcul était roi. On calculait tout de façon à ce que le nombre de personnes exerçant telle ou telle profession n'évolue pas. Tout était figé. Mais qui allait exercer quoi ? Cela était fait par tirage au sort et personne ne s'en plaignait. C'était le " hasard " qui décidait pour eux. Un homme rêve d'être musicien mais le hasard décide qu'il sera économiste ? Pas problème ! Ça n'avait l'air de choquer personne. La peur était tellement présente dans leurs esprits que personne ne bougeait.

Aline avait été comme les autres, mais faire des études poussées lui avait ouvert les yeux. Elle apprenait chaque jour que sa vie n'était basée que sur des mensonges. Vivre sans famille, sans amis, ça lui manquait. Mais autour d'elle, personne ne semblait réagir. Elle avait essayé de parler de ça avec les autres mais tout le monde trouvait ça normal et il était tellement dangereux de parler de ça qu'elle avait abandonné. Elle connaissait par cœur l'histoire de son pays auparavant appelé France. Et franchement, elle trouvait que son nouveau nom était vraiment... Enfin ça se passe de commentaire: Scolaria... Elle était incollable sur les fondements des différents systèmes politiques passés. Elle avait accès à toutes les données existantes et ne se privait pas de dévorer tous les livres... A la fin de son année, elle saurait enfin quel métier lui était destiné. Elle espérait quelque chose en rapport avec la politique pour pouvoir changer des choses dans ce mode de vie.

Du haut de ses vingt-cinq ans, Aline avait la chance d'être une très bonne oratrice. Lorsqu'elle parlait et qu'elle exposait un sujet, tout le monde l'écoutait avec intérêt. Alors pourquoi pas essayer de convaincre les gens qu'il était possible de vivre mieux ? Ou qu'au moins ils sachent la vérité sur ce qui les attend ! Dans deux semaines, en même temps que son diplôme d'études supérieures, elle obtiendrait son autorisation à la parole. Avec ce papier, elle aurait le droit de s'exprimer à la tribune officielle. C'était le seul endroit où l'on pouvait s'exprimer face à tout le monde grâce à l'Intervision. Quand quelqu'un obtenait l'autorisation de parler à l'Intervision, tous les médias diffusaient le discours. Personne ne pouvait le louper. Dans chaque rue, des écrans diffusaient à longueur de journée des publicités ciblées selon la rue et le type de personnes qui y habitait. Avec ce système, c'était tellement simple de manipuler des gens... De toute façon, tout le monde était au service de l'élite: les scientifiques, les médias, les artistes... Mais comment faire autrement puisque l'élite dirigeait tout ce petit monde à la perfection ! Dans ce nouveau monde, on ne mélange pas les différentes classes.

Aline repensa à ses amis d'enfance. Elle ne les avait jamais revus. Le groupe s'était séparé au fur et à mesure des tirages au sort. "Que sont-ils devenus?" Se demandait souvent la jeune femme.

" Mlle Leblanc ! Deuxième fois ! Il y a des jours vraiment où je... "

Mme Mongevin fut interrompue par la sonnerie de fin des cours. Aline rangea sa tablette et quitta la salle sans demander son reste. Elle rejoignit sa chambre et commença à travailler sur son projet. Il lui fallait des preuves et un dossier en béton pour pouvoir convaincre les gens de ce qu'elle avançait. Et bien sûr, il fallait faire ça le plus discrètement possible. Tout étudiant pris en possession de documents diffusant un avis différent de celui de l'élite disparaissait de l'établissement du jour au lendemain. Axel, son voisin de chambre, avait disparu comme ça. Personne ne savait ce qu'il s'était passé ni ce qui lui était arrivé mais Aline savait qu'il faisait des réunions clandestines le soir dans sa chambre.

Après quelques heures d'écriture, Aline se mit à la recherche d'un endroit où cacher les papiers. Les chambres étaient inspectées tous les jours donc pas la peine de prendre le risque de se faire prendre aussi vite. Dans un coin du jardin, elle décalotta la pelouse, fit un léger trou, y mit ses écrits dans une boîte en fer et reposa la pelouse dessus, ni vu ni connu.

Prologue 2ème Partie


Deux semaines plus tard, c'était enfin le grand jour, le jour tant attendu de la remise des diplômes. Aline était dans sa chambre et finissait ses bagages tout en humant le bouquet de roses multicolores qu'elle avait reçu le matin même. Dès qu'elle aurait reçu son diplôme, elle allait devoir quitter cet endroit dans laquelle elle avait vécu pendant cinq ans. Elle allait être réinstallée dans un nouveau lieu, en fonction du métier qu'elle allait exercer. Et cela, même si elle avait du mal à l'accepter, ça lui donnait un petit coup de blues. Heureusement qu'elle pourrait emmener avec elle ce bouquet de fleurs. Elle en recevait un à chaque étape de sa vie.

Soudain une voix retentit dans les couloirs:
" Rendez-vous dans cinq minutes dans le hall pour la remise des diplômes. Toute personne en retard se verra refusée et son diplôme annulé. "

Une course s'engagea alors dans les couloirs. Aline y prit vite part car elle ne voulait pas voir ces cinq années d'études réduites à néant pour une raison aussi stupide ! Arrivée dans le hall, elle prit place dans la file. Les portes se refermèrent quelques secondes après son arrivée et la valse des noms commença.

" Amiral Candice Reçue Banquière – Anico Navi Reçu directeur des Finances de Magnial Industrie - ... "

La file semblait interminable pour Aline. Leblanc... La lettre L semblait vraiment loin dans l'alphabet.

" Foucheret Audrey"

Un silence suivie l'appel. Une jeune femme s'avança. Elle était toute frêle et semblait très fatiguée. La sentence tomba comme un couperet.

"Refusée".

La jeune femme s'écroula à terre. Deux hommes en noir se levèrent, l'attrapèrent par les épaules et la traînèrent dehors sans ménagement dans un silence morbide.
Une fois la porte fermée, la litanie des noms repris. Aline se surprit à avoir peur. Elle était une bonne élève mais la preuve était faite, on pouvait être recalé.

"Lebaret Arthur "

Aie ! Juste après c'était à elle. Le stress montait...

" Leblanc Aline "

Elle s'avança d'un pas franc vers l'estrade et attendit le verdict.

"Reçue"

Un soulagement décolla la boule de son ventre. Ça y était. Elle l'avait, ce diplôme. Mais une question persistait: Quel métier lui était attribué ? Elle attendait la fin mais celle-ci ne vint pas et la voix continua en lui remettant son diplôme
« Leroc Denis »
Incrédule, elle coupa la voix d'un " Et moi alors ? Je fais quoi après ? ".
L'homme se retourna vers elle et fusilla la jeune femme du regard. Qui était-elle pour oser le couper ! " Aline Leblanc... Oui c'est vrai je n'ai rien dit. En même temps, qu'aurais-je pu dire car sur mon papier il n'y a RIEN ! "

Rien... rien... Ce mot résonna dans la tête de la jeune femme. Elle resta paralysée sur place alors qu'autour d'elle, la vie continuait, sans elle. Comment allait-elle faire ? Qu'allait-elle faire ? Où allait-elle aller maintenant ? Elle était tellement dans ses pensées qu'elle n'aperçut pas que deux hommes s'étaient postés à ses cotés. C'était deux armoires à glace d'une taille largement supérieure à deux mètres, vêtus entièrement de noir.

"Mlle Leblanc, veuillez nous suivre, s'il vous plaît" Lancèrent-ils en même temps, d'une même voix grave et d'un ton sans appel.

Elle les suivit sans dire un mot, la tête baissée. Elle allait être virée sans ménagement et sans aucune explication... C'était ainsi et rien ne pourrait le changer. Ou alors... Une idée germa alors dans la tête d'Aline. Oui ça ne pouvait être que ça ! Quelqu'un avait découvert ses papiers et son projet. Si c'était le cas, c'en était définitivement fini d'elle. Ils allaient la faire taire à leur manière. Rien que d'y penser, elle frissonnait déjà. Elle n'eut pas le temps de penser à un autre plan puisqu'ils arrivèrent face à une immense porte en bois. Le premier homme l'ouvrit brusquement et le deuxième la poussa à l'intérieur sans ménagement avant de refermer la porte dans un grand bruit. L'intérieur de la pièce était noir. Elle n'y voyait rien car pas un brin de lumière n'y pénétrait. Y avait-il quelqu'un avec elle ? Était-elle seule ? Elle se sentait épiée sans pour autant sentir la moindre présence humaine à ses cotés. Une sensation fort étrange pour la jeune femme qui était habituée à tout comprendre...

Après quelques minutes, une voix, sensiblement trafiquée, se fit entendre. "Mlle Leblanc, vous avez été choisie pour intégrer l'unité la plus secrète du milieu. Nous avons remarqué que vous étiez dotée d'une intelligence largement supérieure à celles de vos collègues étudiants. Nous pensons donc que vos capacités pourraient nous être d'une grande utilité."

Au fond de la pièce un craquement se fit entendre. Une porte venait de s'ouvrir faisant entrer un peu de lumière. Elle s'en approcha doucement. Elle était soulagée en partie de la réponse qu'on venait de lui donner. On ne l'avait pas découverte mais cependant, elle ne savait pas ce qui l'attendait maintenant. Elle espérait avoir un rôle important, peut-être même la tête d'un réseau secret en plein cœur du milieu. Avec un rôle comme celui-là, elle pourrait avancer dans ses recherches et découvrir des choses qui appuieraient sa thèse. Peut-être qu'un jour même, elle pourrait rendre le monde plus naturel, plus proche de l'ancien monde qu'elle admirait tant.

Elle passa la tête par l'ouverture puis les épaules et s'arrêta un instant. Peut-être était-ce un piège ? Mais la curiosité d'Aline prit le dessus et elle entra complètement dans le sas de sécurité. Derrière elle, la porte se referma. Elle attendit mais rien ne se passa. L'air commençait à manquer. Elle ne bougea pas d'un centimètre et attendit. Elle savait que crier ne servirait à rien puisqu'elle était très loin des autres et le sas capitonné ne laisserait pas passer le moindre son. De plus, le seul moyen d'économiser l'air était de bouger le moins possible. C'était sûrement un test pour voir si elle était capable de garder son sang froid, un test ultime avant de la laisser rentrer définitivement. Mais le temps passait et rien ne bougeait... Au bord de l'asphyxie, une porte s'ouvrit laissant enfin passer l'air. Elle inspira fortement avant d'essayer de bouger mais son corps ne répondait plus. Trop tard. Elle avait échoué. Elle s'écroula à terre


À quelques mètres de là, dans une immense salle blanche entièrement carrelée, attendait un homme. Il était âgé d'une trentaine d'année et avait un physique on ne peut plus banal. Malgré tout, il tenait entre ses mains un pouvoir extrêmement important. Il pouvait tout simplement changer le destin de certaines personnes qui pouvaient s'avérer, à l'avenir, dangereuse pour le monde entier. Pour cela, plusieurs possibilités s'offraient à lui. Soit il pouvait leur enlever tous leurs souvenirs les rendant ainsi totalement amnésiques et bien entendu inoffensifs. Il pouvait également leur enlever toute notion de rébellion et en faire de bons petits moutons pour servir le milieu. Ou alors, il pouvait les laisser comme ils étaient s'ils semblaient déjà inoffensifs. Toutes les personnes des services secrets étaient passées entre ses mains sans en avoir gardé le moindre souvenir. Il ne savait rien d'eux. Il passait sa vie entre ces quatre murs et n'en sortait jamais. Il ne pouvait donc pas se procurer la moindre information sur les "patients". C'était du pur hasard et un petit jeu d'intuition. Il avait deux minutes à peine pour choisir. Il redoutait donc chaque remise de diplôme car à chaque fois, il avait le privilège de choisir le destin de quatre élus.

Cette fois-ci, il avait vu passer trois garçons et une fille. Le premier était entièrement vêtu de noir et avait la mine boudeuse. Mais il ne semblait pas fondamentalement méchant comme ceux qu'il voyait passer tout le reste de l'année. Par sûreté, il en fit un gentil petit mouton. Les trois autres avaient déjà l'air de moutons donc pas de travail à faire. Il les avait laisser tels quels.

Même s'il n'aimait pas vraiment son travail, il savait que cela avait une grande importance pour l'avenir. S'il se trompait, cela pouvait amener une révolution, et à la moindre révolte due a une erreur de sa part, il serait le premier à sauter.

Il pensait que son travail était terminé après le passage de la jeune femme brune, la quatrième donc dernière de la journée quand on lui annonça que finalement il y en avait un cinquième. Un cinquième patient ? Mais que se passait-il ? Jamais en cinq ans qu'il exerçait ce métier, le nombre de recrues possible avait changé. Le cas qu'il allait avoir devant les yeux devait être très spécial. Il n'allait sûrement pas avoir le choix. Il fallait rendre cette personne inoffensive.

Mais lorsque ladite patiente arriva allongée sur un lit roulant blanc, il ne comprit pas. Sur le lit, il y avait une très belle jeune femme souriante mais avec un air très déterminé. Elle était mince avec de longs cheveux blond foncés. Il ressentait en la voyant quelque chose de bizarre. Elle dégageait une profonde intelligence et cela devait être pour ça qu'elle était là. Elle était loin d'être un mouton de panurge mais l'homme n'arrivait pas à s'imaginer la rendre ainsi ! Lui faire oublier tout ? Ça serait triste de perdre un esprit semble-t-il très futé. Mais la laisser comme ça était un risque vraiment trop important. Il ne pouvait pas faire de sentiments et de plus, c'était un gros danger autant pour elle que pour lui. Le temps filait trop vite et il fallait choisir. Il ressentit soudain quelque chose de bizarre... Il avait l'impression qu'elle pouvait l'entendre, comme si son coma n'était pas complet. Ça n'était sûrement pas possible mais pourquoi pas essayer quelque chose. Il prit la seringue contenant le mélange chimique qui permettait de tout oublier mais avant de lui l'injecter, il lui parla tout doucement à l'oreille.

" Hé, si tu m'entends surtout, imprime bien ça dans ta tête. Je dois te faire oublier tout ce que tu as vécu mais essaie de contrer ça. Essaie de garder dans ton esprit toutes les choses importantes, d'accord. Range-les dans un coin de ton esprit et peut-être que tu pourras un jour les retrouver. Et si ça marche bien sûr, ne te fais pas prendre, hein ? Je ne sais pas pourquoi je te fais confiance mais j'espère ne pas avoir tort."

Puis, il injecta le contenu de la seringue dans le bras de la jeune femme qui sembla s'enfoncer plus dans le coma. Maintenant personne ne savait ce qui allait lui arriver...


Dernière édition par Eléa le Dim 12 Jan 2014, 19:28, édité 2 fois
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Unknow le Ven 03 Jan 2014, 21:51

Incroyable à quel point c'est bon!
Vraiment, captivant, édifiant!
J'attends la suite Bravo .
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 22:00

Oh, merci Unknow. La suite la semaine prochaine histoire de vous laisser patienter un peu. Peut être que je posterai un peu plus vite si ça plait. Il y a pour le moment 9 chapitres d'écrit en plus du prologue en 2 parties. La suite... Je manque un peu d'inspiration et de motivation pour l'écrire. Mais ça devrait revenir vite.
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Message par Mitsuki-chan le Ven 03 Jan 2014, 23:01

Bien écrit et intriguant, vivement la suite ^^
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Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 23:15

Merci merci Mitsu. Peut être que je posterai la suite plus tôt... Ça a l'air de plaire.
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Message par Mitsuki-chan le Ven 03 Jan 2014, 23:17

Fais donc ^^
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 23:26

Un peu de patience Mitsu... Sinon j'aurai vite plus rien à poster et faudra que j'écrive vite la suite.
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Message par Mitsuki-chan le Ven 03 Jan 2014, 23:28

Et vaut mieux prendre son temps pour écrire, histoire d'être sûr de ce qu'on fait :p
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Message par Taka no ponies le Ven 03 Jan 2014, 23:30

Déjà elle doit lire ton bouquin x)
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 23:31

Bon ça va j'ai 10 semaines devant moi... Meme à 2 chapitres par semaines, j'ai 5 semaine. Et plein d'autres histoires en stoc(k) donc je suis tranquille.
Taka: Oui ça aussi. Je commence en voiture demain d'ailleurs
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Message par Mitsuki-chan le Ven 03 Jan 2014, 23:37

Yay, tu me diras ce que t'en penses Very Happy
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Message par Eléa no ponies le Ven 03 Jan 2014, 23:38

Of course. En tout cas, le résumé me plait beaucoup. J'ai hate de le commencer.
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Message par Rikkichi_no_Baka le Dim 05 Jan 2014, 17:40

J'aime bien l'idée, le scénario est accrocheur et j'ai toujours apprécié les héros/héroïnes qui vont a contre courant de leur monde.
Si j'ai une remarque a faire je dirais qu'il y a quelques répétitions de mots que tu aurais pu éviter par moments, rien de bien grave.
Sinon ça me plait, j'attendrai la suite Bravo 
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 05 Jan 2014, 17:51

Merci Rikki. C'est noté pour les répétitions. On m'a déjà fait la réflexion. J'y ai fais gaffe dans les chapitres après mais j'avoue attendre d'avoir fini de l'écrire pour la retravailler. 
La suite arrive bientôt...
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par tintagreen2 le Lun 06 Jan 2014, 22:23

Ouah :o Super captivant, j'adore vraiment l'idée d'un monde basé sur les probabilités (en bon matheux que je suis  Rire )

Niveau écriture, j'ai l'impression que certain passage sont écrit dans un style assez formel (type ancien roman), et d'autres sont un peu plus libres, plus comme du langage de tous les jours.
Après c'est pas tellement dérangeant, j'ai vraiment englouti ce prologue O_O Hâte de voir la suite ! *µ*
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Lun 06 Jan 2014, 23:16

Merci Tinta. Je suis matheuse aussi d'ou les probabilités. 

Je vous fais un petit cadeau avant de retourner à mes révisions de partiels. Je vous met à la suite de la première partie du prologue, la deuxième partie. Bonne lecture.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par tintagreen2 le Lun 06 Jan 2014, 23:42

Oh punaise O_O Just.. wouah :o You made my day o/ Rien de mieux avant d'aller se coucher ! Ganbare Bravo
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Mitsuki-chan le Mar 07 Jan 2014, 09:54

C'est vraiment super !
J'ai juste un tout petit truc à noter par rapport à ceci :

"Mlle Leblanc, vous avez été choisie pour intégrer l'unité la plus secrète du milieu. Nous avons remarqué que vous étiez dotée d'une intelligence largement supérieure à celles de vos collègues étudiants. Nous pensons donc que vos capacités pourraient nous être d'une grande utilité."

Je trouve que ça ne fait pas assez grave/solennel. Ainsi que le changement de point de vue qui n'était pas très bien démarqué, mais ça j'imagine que ça vient de la mise en page quand tu as fait le c/c donc ça compte pas ^^

Vivement la suite Very Happy
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Mar 07 Jan 2014, 10:36

C'est noté, merci Mitsu.
Et merci Tinta.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Rikkichi_no_Baka le Mar 07 Jan 2014, 11:49

L'ambiance me rappelle un peu shinsekai yori  Héhé 
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Mar 07 Jan 2014, 12:18

Pas faux. J'avais pas vu ça comme ça. En même temps, j'ai vu shinsekai yori il y a peu de temps. Bien après l'écriture de ce prologue
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 12 Jan 2014, 18:52

Désolé pour ce double post mais je voulais vous faire un petit cadeau avant de commencer la semaine. Voiçi donc le Chapitre 1 des Fleurs de la Mémoire. 

Spoiler:


Chapitre 1 a écrit:"Hé mon ballon!" Cria une petite voix enfantine.

Le petit garçon qui venait de crier s'appelait Arthur. Il avait dix ans et vivait dans un quartier populaire de Paris. C'était une place bien moins enviable que celle des enfants qui avaient la chance de vivre au cœur de la ville. Mais cela, Arthur s'en fichait parce que quand on était un petit garçon de dix ans en 2500, tant qu'on n'était pas séparé de ses copains et qu'on pouvait jouer à la balle au pied avec eux les jours de soleil, la vie était belle.

"Tu me rends mon ballon, Mathias?" Dit le petit garçon d'une voix presque suppliante.

Et face à la petite bouille blonde et aux yeux verts d'Arthur, Mathias ne pouvait pas résister et lui rendit son ballon. Ils se connaissaient bien tout les deux car ils habitaient face à face et Mathias s'était beaucoup occupé du petit garçon mais, depuis quelques temps, ils s'étaient quelque peu séparés. En même temps, quand on avait vingt ans, on avait bien d'autres choses à l'esprit que de jouer avec son petit voisin de dix ans. Surtout que pour Mathias, la vie n'était plus très simple. Il attendait les résultats du tirage au sort qui permettrait de savoir s'il allait devoir quitter cet endroit pour aller habiter dans le centre de Paris en direction de l'université. De toute façon, il allait devoir quitter ce quartier car, avec sa majorité et son niveau d'étude, il ne pouvait plus vivre dans le quartier le plus pauvre de Paris. Mais quelle que soit la décision du tirage au sort, il ne la suivrait pas. Il voulait rester ici, dans ce quartier où il avait grandi et surtout qui allait s'occuper de Fleur ?

D'ailleurs, la jeune fleuriste était à la fenêtre de la boutique. Elle le regardait avec un immense sourire. Elle avait l'air tellement fragile, et pourtant moins que lorsqu'il l'avait découverte. Ses grands yeux bleus semblaient pour une fois être remplis d'autre chose que de tristesse ou d'un grand vide. En même temps, Mathias avait du mal à comprendre ce qu'elle pouvait vivre en ce moment. Comment aurait-il réagit si, un beau matin, il s'était réveillé en ayant oublié tout ce qu'il avait vécu précédemment ? Il secoua la tête pour enlever ça de son esprit. Ça n'était pas la première amnésique qu'on amenait dans le quartier.

"Bonjour Mathias. Alors, cette journée ? Tu commences déjà à embêter les enfants?" lui dit-elle avec son grand sourire et sa voix douce.
"Toujours autant d'humour Fleur. Tu sais bien que je ne peux pas m'en empêcher. Tu viens faire un tour avec moi ?"
"Tu sais bien que je dois rester à la boutique ! Et puis, je suis tellement bien avec les fleurs. Allez, je dois y retourner. À tout à l'heure Mathias..." dit-elle en s'éloignant de la fenêtre.
"Pfff" Souffla-t-il déçu.

Il fallait qu'il trouve quelque chose à faire de son après-midi.

Une belle journée de soleil sur Paris, et même dans les quartiers pauvres où il fallait travailler presque 24h sur 24, les gens essayaient d'en profiter le plus possible. Les rues étaient donc blindées, une chose que Mathias ne pouvait pas supporter. Il décida donc de partir faire un tour dans un quartier un peu plus calme mais aussi moins bien famé que celui de Montabaré où il habitait. Direction Brequita, un quartier très noir, très sombre, et surtout un quartier où les gens n'étaient pas toujours des gens fréquentables. Le taux de mortalité de ce quartier était juste le plus élevé de tout Scolaria ! Il était décidé et prit la direction d'un vieux hangar rouillé et désaffecté.

"Takama?" souffla-t-il "Takama tu es là ?"
"Chut, tu vas nous faire repérer !" Grogna une voix féminine venue de l'ombre.

Mathias s'approcha du fond du hagard et une silhouette se détacha de l'ombre. Il plissa des yeux pour vérifier qu'il s'agissait bien de son amie et sourit.

" Désolé ma belle, j'ai eu peur que tu ne sois pas là. J'ai entendu parler de ce qu'il s'était passé hier soir. Tu ne crois pas qu'il faudrait que vous changiez d'endroit ? Vous n'êtes plus vraiment en sécurité."
" Non, t'inquiète pas, la rafle n'a pas eu lieu juste à côté. Personne ne sait qu'on est là. Je me demande même si tu n'es pas le seul à savoir que l'on existe sur le territoire de Scolaria."
"Et de toute façon, on ne les laissera pas nous ramener en Risari. Mieux vaut mourir" Dit une voix masculine sortie de la même ombre.
" Papa, ne t'inquiète pas pour ça. Mathias veille dehors et moi aussi !"

Mathias regarda Takama et son père Ryo. Tout deux originaires de Risari anciennement appelé le Japon, ils avaient quitté leur pays qui étaient en guerre pour la Scolaria. Cependant, avant d'arriver dans le pays, ils ne savaient pas que l'immigration était interdite et que les frontières étaient fermées depuis plusieurs années déjà. C'était une des premières décisions du milieu. Mais trop tard, mieux valait devenir clandestin plutôt que de faire demi-tour. Ils n'avaient plus rien là-bas. La mère de Takama était décédée durant le périlleux voyage et ils ne voulaient pas que cette dernière soit morte pour rien. Ils vivaient donc cachés depuis cinq ans déjà dans ce vieux hangar. Mathias les avait découvert quelques jours après leur arrivée et les avait protégés grâce à l'amitié qui s'était nouée entre Takama et lui. Ils étaient âgés de quinze ans tout les deux lors de leur rencontre... Et depuis cinq ans, ils ne s'étaient plus quittés. Mathias est très admiratif de Takama. La vie n'avait pas été simple pour elle mais elle restait forte et battante. Une vraie lionne ! C'est d'ailleurs le surnom que lui donnait Mathias. Lui, elle le surnommait le corbeau. Pas étonnant quand on sait que Mathias était toujours habillé de noir et encore moins quand on sait qu'il était un garçon longiligne avec les cheveux noirs et les yeux on ne peut plus sombres.

"Bon, Takama, on va se promener ? Il fait beau dehors et c'est pas la rafle d'hier qui va nous empêcher de prendre l'air !"
" Avec plaisir ! Tiens, d'ailleurs, tu ne devais pas venir avec Fleur?"
"Si, mais elle n'a jamais voulu sortir." Dit Mathias et Takama prit un air déçu. Son père, par contre, avait l'air pensif. Il ne faisait pas confiance aux intrus et il ne connaissait pas Fleur. Donc forcément il n'était pas serein. Quand on a passé cinq ans à se cacher, à fuir la délation, à passer aussi inaperçu que possible, à avoir peur à chaque rafle d'être pris, on n'accepte pas la visite de n'importe qui."
" Ne vous inquiétez pas Monsieur, il n'y a pas plus sûr que Fleur. Elle est la gentillesse même et …" Il se tut quelques instants avant de prononcer des mots qui lui brûlaient la gorge. "Je crois que c'est une victime du savant fou." Les deux asiatiques firent de grands yeux. Les victimes du savant fou, il s'agissait une rumeur qui circulait depuis quelque temps dans le tout Paris et même peut-être dans toute la Scolaria. On avait essayé de la faire taire, sans succès.

La rumeur disait qu'un savant fou prenait en otage toutes les personnes qui étaient trop intelligentes et qui avaient découvert des choses secrètes. Il leur injectait une mixture qui les rendaient amnésiques. Cette rumeur courrait à la suite de la présence de plus en plus d'amnésiques. Aucun n'avait jamais retrouvé la mémoire et ils avaient recommencé une nouvelle vie, ailleurs. Un silence de mort régnait dans le hangar. C'est Ryo qui le rompit.

" Bon et bien, elle peut venir si elle veut. Elle sera la bienvenue ! Et tu as essayé de lui faire parler de son passé ?"

Mathias soupira en faisant non de la tête. Ça pour avoir essayé de la faire parler de son passé, il avait essayé. Mais il s'était heurté à un mur et à des larmes. Fleur ne se souvenait de rien, vraiment de rien. Il n'y avait qu'une seule chose dont elle se souvenait, c'était qu'elle aimait les fleurs, d'où le prénom qu'il lui avait donné. Mathias était lui aussi un jeune homme futé, mais il faisait tout pour ne pas le montrer. Surtout depuis l'arrivée de la rumeur et de Fleur. Il ne voulait pas finir comme ça, errant sur le bord d'une rue à la recherche d'une âme charitable qui voudrait bien l'aider à comprendre ce qui lui arrivait. Le jeune homme n'était pas lui-même ce que l'on pouvait appeler une âme charitable. Mais quand il avait vu Fleur sur la rue, toute seule, la tête dans les mains, il avait ressenti quelque chose d'étrange au fond de lui. Elle devait avoir, quoi, une vingtaine d'année comme lui ? Mais ce qui l'avait encore plus interpellé, c'était que la jeune femme, contrairement aux autres amnésiques, avait un souvenir: celui d'aimer les fleurs. Avoir un souvenir de sa vie passée, pour une amnésique, c'était un miracle. Peut-être que cette jeune femme était différente des autres. Peut-être qu'elle allait réussir à se battre. D'ailleurs, malgré son côté fragile, elle se battait vraiment, avec l'aide de Mathias, pour retrouver la mémoire mais le grand vide était le seul résultat qu'ils avaient obtenu à ce jour.

"Tiens Mathias, et si on allait lui dire bonjour ?"
"Mais Takama, tu es folle ! On va se faire prendre, là !" Répondit Mathias très surpris par la proposition de son amie.

Elle qui, il y a deux mois encore, ne voulait sortir que de nuit et encore pas les nuits de pleine lune, voilà qu'elle proposait une sortie en plein jour et en plus dans une des boutiques les plus cotés du quartier de Montabaré.

"Mais non, avec toi pas de problème. Je sais que je ne risque rien ! Je suis sûre que tu connais plein de raccourcis et de passages secrets qui vont nous permettre de nous promener en sécurité" Lui répondit son amie très sûre d'elle.

Touché par ce que venait de dire la jeune femme, Mathias accepta son idée.

"D'accord... La lionne est de retour. Je veux bien t'emmener là-bas mais à une condition. Si je sens qu'il y a un danger possible pour toi, on fait demi-tour et sans broncher."
"Super!"

La jeune femme sauta de joie. Ça faisait si longtemps qu'elle rêvait de quitter ce quartier, même pour cinq minutes. Les seules balades qu'ils avaient faites de jour ne dépassaient jamais les dix mètres du hangar. Mais elle était certaine d'être plus en sécurité hors du quartier qu'ici. Elle demanda quand même du regard l'autorisation de son père, qui lui la donna tout de suite. Ce dernier avait confiance en Mathias. Il savait qu'il lui ramènerait sa fille. Ils partirent donc sur le champ, pendant que le quartier était encore vide. Mathias n'était pas très rassuré d'emmener son amie si loin du hangar. Le premier souci, c'était sa protection à elle, qui courait partout et qui était tellement impulsive. Le deuxième, c'était sa protection à lui car la complicité était passible du même sort, et le troisième, c'était celle du père de Takama. Ce dernier se retrouvait tout seul, sans protection et sans défense. Takama connaissait les cachettes du quartier et pouvait l'y emmener. Tout seul, il était perdu...

"Allez, Mathias, ne fais pas cette tête, il ne va rien se passer, je le sais ! Maintenant, on y va, parce qu'à réfléchir comme ça, on va finir par sortir de nuit"

Elle attrapa le haut de son ami et le tira vers la sortie du hangar, vers un brin de liberté passagère.


Chapitre 2


Spoiler:

À la sortie du hangar, le soleil brillait fort et les éblouit. Ils prirent la direction de la boutique de fleurs. Takama, qui n'était jamais sortie de son hangar de jour, était fascinée. Le quartier où habitait Mathias était très lumineux en comparaison du sien. Déjà, il était composé de maisons et non de hangars ou de maisons de fortunes. Une fois passée la limite du quartier, elle avait découvert de belles maisons, certaines en pierres, d'autres en bois. C'était très hétéroclite mais avec tellement de couleurs. Et en plus, le soleil de l'été faisait ressortir le tout. Elle s'émerveillait d'un rien: le vert des boiseries, le jaune orangé des crépis. Les maisons n'étaient pas bien grandes mais les gens en prenaient bien soin. Le quartier ne semblait pas des plus riches. Ça n'était pas les beaux et vieux appartements du centre parisien mais il régnait dans cet endroit une atmosphère joyeuse. Les gens qu'ils croisaient leur souriaient et ne faisaient pas de réflexion sur la couleur de peau de Takama. Pour la première fois depuis bien longtemps, Takama souriait. Elle se sentait libre et heureuse. Soudain, Mathias s'arrêta net. Il regarda son amie et sourit.


"Tu te plais ici, hein."


Elle sourit. Ça n'était pas une question de la part du jeune homme. Il savait qu'à Bréquita, elle n'était pas heureuse. Sa lionne avait besoin de liberté, et Montabaré devait être comme un rêve pour elle.


"Tiens, regarde la boutique là-bas."


Takama suivit le doigt de son ami et son regard se posa sur une très jolie petite maison. Elle était recouverte d'un crépi beige. Les volets et la porte étaient bleu pâle et devant il y avait des fleurs, beaucoup de fleurs: des roses de toutes les couleurs, des marguerites, des lys… Au-dessus de la porte, était accrochée une enseigne blanche avec écrit dessus "La rosé du jardin".


"Oh, c'est trop mignon! J'adore ! C'est là que travaille Fleur ?"
"Oui, c'est là. Et encore, tu n'as rien vu… À l'intérieur, il y a des bouquets magnifiques. À chaque fois, Fleur me donne des noms, mais je n'arrive pas à m'en souvenir. En tout cas, tu vas voir, Fleur et sa patronne Madeleine ont des mains de fées."
"J'ai hâte de voir tout ça… On entre ?"


Elle ne laissa pas à Mathias le temps de lui répondre. Elle lui attrapa la main et courut vers la boutique, un immense sourire aux lèvres. Elle ne l'avait jamais dit à Mathias, mais elle adorait les fleurs. En particulier les roses. Lorsqu'ils entrèrent dans le magasin, tout deux profitèrent de la fraîcheur. Cela contrastait avec les 40°C de l'extérieur. Les yeux de Takama pétillaient. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas été au contact de fleurs. Des roses, des freesias, des lys, des roses encore, des fleurs de toutes les couleurs partout dans le magasin… Elle fit le tour du magasin en un clin d'œil, profitant des odeurs magiques de l'air. Elle s'accroupit pour sentir l'odeur délicieuse des roses anciennes d'un des bouquets.


"Je peux vous aider ?"


Takama leva les yeux et aperçut un grand sourire et des yeux bleus qui la regardaient. Elle lui sourit en retour. C'était sans aucun doute Fleur.


"Vous souhaitez un renseignement précis Mademoiselle ?" Demanda la jeune femme d'une voix très douce
"Bonjour Fleur." Lui répondit Takama avec un sourire en se relevant.


Fleur la regarda d'un air surpris, presque sur la défensive. Qui était cette jeune personne ? Elle ne l'avait jamais vue. Ni dans le magasin, ni en dehors, et pourtant, elle connaissait son prénom. Cela ne lui plaisait pas vraiment. Mathias lui avait dit de se méfier de ce genre de personne. Soudain, elle sentit deux mains se poser sur ses yeux et elle se raidit. Elle avait eu raison d'avoir peur… Mais pourquoi ne s'était elle pas enfuie ?


"Alors Fleur, on ne reconnaît plus ses amis ?" Dit Mathias d'une voix rieuse, lâchant le visage de la jeune femme. Cette dernière se retourna vivement. Ses yeux bleus d'habitude si doux semblaient lancer des éclairs.
"Mathias, tu n'es vraiment qu'un idiot ! Un idiot fini, même ! Tu m'a fait tellement peur… "
"Oh Fleur, tu exagères. Tu sais que j'aime bien te faire des blagues ! Et ne crie pas trop fort, tu vas faire peur aux clients…"


Pour ça, Mathias n'avait pas tort. Tout les gens présents à ce moment dans la boutique les regardaient avec de grands yeux. Ils se demandaient bien ce qu'il avait bien pu se passer pour mettre en colère la si douce vendeuse de ''La rosé du jardin". Takama, elle, n'en menait pas large. Si les deux amis commençaient à se chamailler, ils risquaient sans s'en rendre compte de la mettre en danger. Elle n'avait rien à faire là et il ne fallait surtout pas qu'elle se fasse remarquer. Elle lança un regard suppliant à Mathias pour qu'il réagisse. Il capta vite ce regard et, voyant que Fleur ne semblait pas comprendre, il prit les rênes de la conversation.


"Dis, Fleur, si on allait de l'autre côté pour finir cette discussion? Ça serait plus simple, non?"


Cela sembla calmer quelques instants Fleur. Elle reprit son doux sourire pour leur répondre mais elle n'allait pas laisser ça passer si vite.


"D'accord attendez-moi derrière, je vais prévenir Mado que je vais prendre une pose."


Et elle partit à l'autre bout du magasin. Mathias saisit la main de Takama et l'emmena vers l'atelier. Cette dernière ne disait pas un mot. Elle suivait son ami et c'était tout. L'euphorie de la première sortie était passée et la peur était de retour. Elle avait beau se sentir très bien ici, ça n'était pas chez elle. Elle n'était chez elle nulle part.

La voix douce mais néanmoins stricte de Fleur se fit entendre.

" Alors ? Qu'est-ce que vous faites ici ?"
" Calme-toi Fleur… Je ne t'avais jamais vue aussi tendue. Qu'est-ce qui t'arrive ?"


Fleur souffla un instant et sembla se calmer tout doucement.


" Je ne sais pas ce qu'il se passe mais depuis ce matin, il y a des gens bizarres qui passent dans la boutique. Ils sont habillés tout en noir et ils sortent tous sans rien acheter. Je ne sais pas ce qui se trame ici mais ça ne sent pas bon du tout. Madeleine ne cesse de marmonner "c'est bizarre tout ça" et elle stresse aussi. Ce n'est pas bon pour les ventes en plus, et ça nous énerve toute les deux… Vous n'avez rien remarqué ?"
"C'est bizarre, non, je n'ai rien vu de tout ça... " Il regarda Takama qui commençait à trembler. "Ne t'inquiète pas, ils ne feront pas de rafles dans le quartier" Puis il se retourna vers Fleur "Tiens d'ailleurs, je ne vous ai pas présentées. Fleur, je te présente Takama. C'est l'amie qu'on devait aller voir cet après-midi."
Fleur sourit. "J'avais compris. "Répondit-elle doucement. "Tu sais Mathias, ça n'est pas tous les jours que je vois quelqu'un avec la peau de cette couleur dans ma boutique"


Takama la regarda avec un regard noir. Certes, sa peau était un peu plus jaune que les gens du pays et ses yeux légèrement bridés mais elle ne supportait pas qu'on lui fasse des réflexion comme ça. Fleur s'excusa quand elle remarqua le regard et la gène de Mathias.


"Je suis désolée si ce que je t'ai dit a pu te blesser. Je n'ai pas fait attention. C'est juste que …" Elle s'arrêta quelques secondes puis reprit. "Ça n'est pas commun. Ici il n'y a pas une personne qui ait un gramme de sang étranger. Quand il y en a, c'est qu'ils viennent d'un quartier voisin. Et puis, Mathias m'a tellement parlé de toi que je t'aurai reconnue entre mille en temps normal. Mais là… D'ailleurs, ça n'est pas dangereux que tu sois là ?"
Takama soupira. "Tu sais, ici ou ailleurs, je ne suis en sécurité nulle part. Je ne suis pas chez moi, ici. Mais j'avais tellement besoin de prendre l'air. Tu sais, depuis une semaine, les rafles ont commencé, je ne sors plus du tout. Je n'en peux plus. J'avais besoin d'air."


Mathias la regarda avec un sourire triste. Takama se leva et alla se poser à la fenêtre. Elle regarda le soleil qui brillait dehors et sourit doucement.


Fleur se leva et alla la rejoindre.
"C'est joli hein ?" Lui dit-elle doucement.

Takama tourna la tête vers Fleur qui ouvrait la fenêtre.

"D'ici, on voit tout le quartier et même plus encore. Tu veux que je te montre ?"


Les yeux de la jeune femme se mirent à briller. Elle rêvait de voir la ville. Quand elle était dans son pays, on lui avait tant parlé de la ville lumière. Beaucoup disait que c'était la plus belle ville du monde. Mais depuis qu'elle était arrivée ici, la seule chose qu'elle avait vue, c'était les hangars tout rouillés de Bréquita. Paris… Le rêve qui n'était pas devenu réalité… Un de plus.
Fleur lui montra les différents endroits à connaître. Des vestiges de l'ancien Paris comme la tour Eiffel à la tour des Anges, la plus grande tour construite en commémoration de la crise de 2024. Fleur, en plus des fleurs, était passionnée d'Histoire. Et en plus elle était très intéressante à écouter. Mathias les avait rejointes et ils profitaient ensemble de la petite leçon d'Histoire de Scolaria made by Fleur. Ça n'était pas la première fois qu'ils faisaient ça tous les deux, mais regarder les yeux de Takama qui brillaient, c'était magique. Ils étaient tellement passionnés par les histoires de Fleur qu'ils ne virent pas le temps passer. Et ce ne fut que lorsque les panneaux lumineux de l'Intervision s'allumèrent qu'ils se rendirent compte que la nuit était en train de tomber.


La voix de Maître Carval, le Ditracteur de Scolaria et chef des armés, se fit entendre.
"Mes très chers habitants de Scolaria,
Comme vous avez pu le remarquer, nous avons effectué dans les différentes villes, et plus particulièrement dans Paris, des rafles pour renvoyer chez eux les gens qui ne sont pas d'ici. J'ai été particulièrement surpris par les résultats. Nous avons arrêté plus de 1500 personnes non répertoriés dans nos dossiers. Ce sont des gens venus de tous les pays du monde, de pays qui n'ont pas réussi à faire face à la crise de 2024. Pourquoi nous, qui avons réussi à nous en sortir, pourquoi nous, qui avons du travailler dû pour la surmonter, devrions laisser nos places à des gens venus de pays qui n'ont pas fait plus d'effort ? C'est pour cela que vous devez nous aider à nous débarrasser de tout ces gens. Ils ne méritent pas d'avoir leur place parmi nous. Nous comptons donc sur vous pour nous aider à les ramener chez eux. Je compte sur vous tous. Souvenez-vous, vous êtes les acteurs d'un pays meilleur. Merci de votre attention, vous pouvez vaquer à vos occupations. Mais n'oubliez pas de garder vos yeux ouverts !
Bonne fin de journée dans notre beau pays de Scolaria."


Puis les écrans se sont mis à diffuser des images des différentes arrestations de la journée. On y voyait des personnes habillées de noir arrêter de façon brutale des gens et les emmener avec eux.


"Mathias c'est mon père !" Se mit tout à coup à crier Takama. "C'est mon père!"
"De quoi est-ce que tu parles ? Où ça ?" répondit il
"Sur l'image, à l'intermission. Vous le voyez, hein?"


Mais le temps que Mathias et Fleur regardent l'image avec précision, elle avait changé. Takama se précipita en bas des escaliers.


"Attend, n'y va pas toute seule, c'est trop dangereux !" Lui cria Matthias
"Attendre, mais attendre quoi ? Que mon père soit mort ou pire, renvoyé en Risari ? Je vais aller dans notre cache et si il n'est pas là-bas, je le retrouverai. J'ai promis à maman avant qu'elle ne meurt que jamais je ne le laisserais seul. Et je tiendrai ma promesse," soufflât-elle tout doucement avant d'ouvrir la porte et de s'enfuir dans le noir.
"Attend, on vient avec toi !" Cria Fleur en attrapant la main de Matthias qui la regarda d'un drôle d'air. "Quoi ? On ne va pas la laisser toute seule là-bas. Tu sais où c'est ?"
"Oui, je connais même un raccourci." lui répondit-il.
"Alors qu'est-ce qu'on attend ? "


Fleur et Mathias se mirent à la poursuite de leur amie dans la nuit noire de Paris… La retrouver dans cette noirceur n'allait pas être une mince affaire mais leur motivation était sans faille.

 Chapitre 3


Spoiler:


"Mathias ? Tu es sûr que c'est par là ? "Dit Fleur en tremblotant.


Elle n'avait pas l'habitude de sortir dehors, et encore moins la nuit. Depuis qu'elle était arrivée dans le quartier de Montabaré, et qu'elle avait été recueillie par Mathias puis Mado, elle n'était que très peu sortie de chez elle. Les deux jours qu'elle avait passés dehors étaient encore gravés dans sa mémoire. Le froid, la pluie et surtout les gens qui rodent la nuit. Les gens passaient sans la voir mais elle avait tellement peur que, justement, quelqu'un la remarque et lui demande quelque chose. Elle ne se souvenait de rien du tout. Et encore aujourd'hui, elle n'avait aucun souvenir concernant les autres années de sa vie. Qui était-elle avant et même quel âge avait-t-elle ? Encore des questions qui aujourd'hui demeurent sans réponse.


" Mais oui Fleur, ne t'inquiète pas. J'ai l'habitude de passer par là, tu sais. J'y vais presque tous les soirs depuis cinq ans alors on ne va pas se perdre. Je te le promets. Je sais que tu n'aimes pas la nuit, mais fais-moi confiance, on y est presque. "


Mathias se souvenait comme si c'était hier du jour, ou plutôt de la nuit, où il l'avait trouvée. Elle était recroquevillée dans l'angle d'une rue et tremblait. Elle pouvait passer inaperçue aux yeux des gens qui marchaient le long de chaque rue, mais pas à ceux de Mathias. Le jeune homme avait l'habitude de cet endroit. Il le connaissait par cœur. Tellement par cœur que lorsqu'il avait vue la légère ombre produite par la jeune femme, il s'était rendu compte que quelque chose de nouveau était là.
Il l'avait recueillie pour une nuit chez lui. Ils avaient peu parlé mais Mathias avait compris que les nuits dehors avaient traumatisé la jeune femme et il lui avait promis qu'elle n'aurait plus à dormir dehors seule. Il ne savait pas quel était réellement son âge, mais elle devait avoir un peu plus de la vingtaine. Elle semblait plus âgée que lui. Il lui avait donc trouvé un travail chez Mado, la fleuriste, suite à une grande balade dans le quartier. Il lui avait fait visité le quartier pour voir si elle se souvenait de quelque chose. Elle ne disait rien du tout depuis qu'il l'avait trouvée là…


Le premier mot qu'elle avait dit c'était "fleurs" en voyant la boutique de Mado. Et elle avait retrouvé le sourire. Depuis ce jour, elle n'avait plus jamais quitté son monde de fleurs. Elle s'instruisait au milieu des fleurs, elle dormait au milieu des fleurs… Alors il comprenait que se retrouver de nuit dans un quartier des plus morbides, où les odeurs sont plus celles de poubelles et d'alcool que de lys et de roses, où les couleurs sont des nuances de gris et où les gens sont des ombres, pouvait la rendre très nerveuse. Car oui, elle était nerveuse. Ou plutôt non, elle avait peur. Elle avait toujours peur de tout. Parfois, cela mettait Mathias hors de lui mais souvent, il essayait de la comprendre, même s'il ne pouvait pas se mettre à sa place réellement.

Mais malgré la tentative de Mathias pour la rassurer, Fleur n'était pas à l'aise du tout dans le quartier et elle avait hâte de retrouver Takama, d'autant plus qu'une légère bruine commençait à tomber et qu'il devenait assez compliqué de se repérer. Elle se rapprocha de Mathias et lui prit la main. Il la regarda doucement et serra la petite main dans la sienne. Plus vite ils seraient arrivés, mieux cela serait pour eux.


"Il commence à faire un peu froid." Souffla Fleur
"On va courir, ça va nous réchauffer et en plus, on sera plus vite arrivés."


Et sans attendre de réponse, il se mit à courir entraînant Fleur à sa suite qui avait un peu plus de mal que lui.


Takama avait l'impression de courir depuis des heures déjà alors qu'en réalité elle devait avoir quitté la boutique de la fleuriste depuis une dizaine de minutes, tout au plus. Elle regardait autour d'elle tout en avançant. Tout était semblable. Tous les hangars avaient la même forme, la même taille et la même couleur. Et la pluie qui tombait légèrement depuis quelques minutes n'arrangeait en rien la situation. Elle avait beau connaître son quartier de nuit, là, elle devait l'avouer, elle ne reconnaissait rien, mais alors rien du tout. Elle avait des indices pour distinguer les bâtiments mais là, elle était complètement perdue. Elle pouvait toujours faire demi-tour, mais elle n'était pas plus sûre de retrouver son chemin et elle pouvait se perdre plus encore, si cela était possible…


Elle avait dû prendre la mauvaise direction dès le départ. Montabaré était un quartier quelque peu complexe pour elle. Contrairement à Bréquita, toutes les rues étaient différentes et pleines de virages. Le quartier était un vrai labyrinthe pour elle, en fait. Elle pensait qu'elle allait pouvoir rentrer chez elle toute seule mais elle avait eu tort et maintenant, elle était perdue.

Elle entendit des pas et des voix qui s'approchaient par derrière, assez rapidement. Elle s'arrêta dans le coin d'une rue et s'y cacha pour observer ce qu'il se passait. Il ne fallait pas qu'elle se fasse remarquer. Ça n'était pas le soir pour. Les soirs de rafles étaient les jours où tout le monde restait chez soi, sans bouger, en attendant que ça se passe. Elle aurait dû être avec son père, et non ici, à déambuler n'importe où. C'était vraiment une folie ce qu'elle avait fait, mais elle ne pouvait pas attendre là-bas, pas en sachant que son père était sans aucun doute en danger. Il était sa seule famille. Il était tout ce qui lui restait. Certes, elle avait Mathias, mais ça n'était pas pareil.

Les ombres se rapprochaient de plus en plus. Elle croisait les doigts pour que ça ne soit pas des rafleurs. C'était son pire cauchemar. Des gens vêtus entièrement de noir et qui n'avaient aucun scrupule. Des rumeurs couraient comme quoi ils avaient tués de jeunes enfants dont les parents avaient tenté de se rebeller. Tout, mais pas les rafleurs. Elle était tellement collée au mur qu'elle aurait pu se souder à lui… Puis une voix se fit entendre. C'était une voix enfantine.


"Eh James, c'est cool qu'on ai pu sortir ce soir, tu ne trouves pas ?"
"Tu as raison Al, ça faisait longtemps." répondit une autre voix. "En même temps, on ne peut pas sortir normalement, tu le sais bien. On n'est pas comme tout le monde…"
" Oh les gars, ne vous plaignez pas, on pourrait avoir pire. Ceux qui font partie de l'expérience 75…"
"Pas faux Ariane…"


Les enfants arrêtèrent de parler et continuèrent à avancer en silence. De quoi pouvaient-ils bien parler ? Qu'est ce que c'était que ces expériences dont ils discutaient ? Malgré la peur qui lui tordait le ventre, elle voulait savoir ce que c'était. Elle était peut être tombée dans un endroit secret… Elle voulait connaître le fin mot de cette histoire. Alors, sans faire le moindre bruit, elle se mit à les suivre ente les hangars, tout en pensant à ses amis qu'elle pensait bien au chaud dans la maison de la fleuriste.


Pendant que Takama enquêtait sur sa découverte, Mathias et Fleur étaient arrivés aux abords de la cachette.


"Là, ça devient quelque peu dangereux. Il ne faut pas que l'on se fasse voir ici, car cela signifierait que l'on connaissait la cachette de deux fugitifs. Se faire pincer pour entrave à la loi, un soir de rafle… Tu connais la punition, n'est-ce pas."


Elle hocha la tête en baissant les yeux. C'était passible d'expulsion du territoire de Scolaria. Une punition pire que la mort. Bien sûr, la peine de mort n'existait plus depuis longtemps. Certains avaient voulu la remettre au goût du jour, mais avec l'expulsion du pays, ils avaient trouvé une solution qui leur évitait d'avoir du sang sur les mains. Les frontières de presque tous les pays étaient aussi bien fermées que celles de Scolaria. Et dans les pays qui ne les fermaient pas, la situation était catastrophique. Les gens expulsés n'avaient plus nulle part où aller. Une peine comme celle-là suffisait à dissuader beaucoup de monde.


"Bon, j'y vais alors" Reprit Mathias. Tu restes là, et s'il y a le moindre problème, tu rentres chez toi. D'accord ?"


Elle hocha la tête et Mathias s'approcha très discrètement de l'entrée secrète du hangar. Il fut surpris de la présence de la lumière qui passait à travers la porte. Takama et son père ne s'éclairaient qu'à la lumière de la bougie, parce que justement une lueur pouvait se voir de dehors. Il se passait quelque chose de louche à l'intérieur. Peut être était-ce Takama ? Il décida d'entrer tout doucement par la porte secrète aménagée par Takama pour pouvoir sortir la nuit. Cette dernière se trouvait un peu plus loin, de l'autre côté de la route. Il fit signe à Fleur de ce qu'il allait faire.


Puis, il se dirigea vers une caisse métallique. Il la poussa facilement car elle était vide et composée de cinq faces uniquement. Celle du sol avait été enlevée pour permettre la sortie, et sur l'une des faces, Takama avait fait une porte qui ne s'ouvrait que de l'intérieur de la caisse. Un système très ingénieux quoi que très vieillot. Maintenant il suffisait de la programmer. Mais bien sûr, un système programmé était trop repérable. Il descendit dans la trappe et remit la caisse en place, grâce à une corde. Tout cela, sans faire le moindre bruit.


Ensuite, il avança le long du tunnel très légèrement éclairé. Tout semblait calme, presque trop… Et ce silence… Il arriva au bout du tunnel creusé par Takama et son père. Il sortit la tête. Dans le hangar, tout avait été renversé. Des caisses explosées jonchaient le sol. Des gens étaient venus ici et avaient cherché quelque chose… Mais l'avaient-ils trouvé ? Mathias espérait bien que non, mais il n'y croyait guère. Il sortit dans l'ombre et fit le tour du hangar pour voir si il y avait encore quelqu'un. Il ne trouva personne. Puis, il se dirigea vers la cache… Il hésita un instant à rentrer… Et si quelqu'un attendait à l'intérieur, pour voir si un quelconque complice venait ? Les rafleurs étaient plus connus pour leur bestialité que pour leur intelligence, mais on ne pouvait pas omettre cette possibilité. Il respira à fond avant d'entrer.


Dans la cache régnait un capharnaüm indescriptible. Tout était éparpillé par terre. Le peu de bibelots ou de meuble que possédaient Takama et Ryo était brisé. Ils avaient tout saccagé. En y regardant de plus près, Mathias remarqua des traces de luttes. Ryo était certes plus très jeune mais il s'était battu. Il espérait de tout cœur que Takama n'avait pas vu ça. D'ailleurs en parlant de Takama, le jeune homme se rendit compte qu'elle n'était pas là ! Peut-être le raccourci leur avait-il permis de gagner du temps sur leur amie ? Mais il en doutait grandement. Ils avaient fait de nombreuses fois la course et jamais Mathias n'avait gagné.


Il décida de ressortir de la cache. De toute façon, il n'avait plus rien à faire ici. Il ne valait mieux pas s'attarder là. Si Takama n'était pas encore arrivée, mieux valait qu'elle ne voit pas ça toute seule. Et si elle s'était perdue… Et puis Fleur, elle attendait toute seule dehors et ça n'était pas une position enviable. Il refit le chemin inverse, quelque peu bouleversé par ce qu'il venait de voir.


Dehors, Fleur l'attendait, un peu stressée. Être toute seule ne l'aidait pas à se calmer. Elle sursautait au moindre bruit. Elle crevait d'envie de rejoindre Mathias à l'intérieur. Certes, c'était dangereux, mais elle ne se voyait pas revenir en arrière. Elle ne savait pas comment rentrer chez elle et puis abandonner son ami, ça n'était pas dans sa nature. Mathias était son seul ami. Beaucoup la considérait presque comme une pestiférée. Ou si ça n'était pas la cas, ils lui adressaient la parole aussi peu que possible. Il n'y avait que Mathias, Mado sa patronne, et un petit garçon prénommé Arthur, qui lui parlaient vraiment. Elle était partie dans ses pensées quand elle entendit un bruit un peu plus fort. Elle ne pu retenir un petit cri de peur. Mais elle se calma quand elle aperçut Mathias arriver vers elle. Elle se força à sourire un peu pour cacher sa peur.


« Deux fois dans la journée, Mathias… Je ne te dis pas bravo… » Dit-elle avec un sourire crispé.
« De quoi tu parles Fleur ? Ce n'est pas le moment d'essayer de faire de l'humour. La cache est vide. Le père de Takama a bien été enlevé mais on a un problème… Takama n'est pas là. Elle a dû se perdre. » Fleur poussa de grands yeux et Mathias reprit. « Elle ne connaît pas la ville. En dehors de son quartier, elle est perdue. »
« Qu'est ce qu'on fait alors ? Il ne faut pas qu'on se sépare. On est deux et si l'un de nous se perd, on est fichus. Elle n'a pas de puce GPS bien sûr, ni de Phone Call… »
« Non, elle ne peut pas en avoir puisqu'il faut être fiché au centre national de recensement pour en obtenir un. Et nous, on ne peut pas la retrouver. On a deux possibilités… Soit on reste ici toute la nuit soit on rentre… Et je n'aime aucune des solutions… »
« Attend, j'ai une idée » dit soudain Fleur. « On va lui laisser un message codé, pour qu'elle sache qu'on est passé et qu'on l'attend chez nous. Et on repassera demain matin pour voir si elle est là, ou si elle a laissé un message pour nous »

Mathias sauta au cou de son amie et lui dit : « Tu es brillante vraiment ! J'y vais et je reviens »


Il courut écrire un message. Il savait où trouver papiers et crayons. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas écrit, maintenant qu'il faisait tout sur tablette. Il griffonna donc un message pour Takama.

Coucou ma Lionne, désolé pour tu sais quoi. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu viens où le sourire t'es revenu. Si tu lis ce message répond-moi et pose le tien dans la caisse à babillage. Biz Le corbeau


Il n'y avait que Takama qui connaissait la boîte à babillage. C'était une boîte qui lui servait à mettre les papiers qu'elle écrivait quand elle n'allait pas bien. Elle lui avait montrée cette idée il y a quelques jours, et Mathias avait beaucoup aimé. Puis il sortit et sans dire un mot, ils rejoignirent la boutique de la fleuriste. Mathias resta dormir avec Fleur. Ils ne dormirent pas beaucoup cette nuit-là. Tout les deux pensaient à leur amie. Ne pas savoir où elle était un supplice pour eux deux.


Dernière édition par Eléa le Mar 28 Jan 2014, 17:31, édité 2 fois
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 19 Jan 2014, 20:30

Triple Post excusez moi... Vous avez ci dessus le chapitre 2. Bonne lecture.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Mitsuki-chan le Dim 19 Jan 2014, 20:44

C'est super prenant ! J'aime beaucoup Very Happy Continue comme ça !
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Rikkichi_no_Baka le Dim 19 Jan 2014, 20:49

T'en fais pas pour les double/triple post, tant qu'ils sont espacés de 24h c'est bon (c'est écrit dans le règlement  ^^ )
Sinon, je pense comme Mitsu, bravo  Bravo 
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 19 Jan 2014, 20:59

Merci à vous 2. Il vous faudra surement attendre dimanche prochain pour savoir la suite.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Unknow le Mar 21 Jan 2014, 19:22

Eléa a écrit:Merci à vous 2. Il vous faudra surement attendre dimanche prochain pour savoir la suite.

 :(
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Jeu 23 Jan 2014, 11:28

Ba unknow, faut pas être triste. C'est juste que comme j'ai pas trop le temps d'écrire en ce moment, je me garde de l'avance.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Unknow le Jeu 23 Jan 2014, 17:46

Eléa a écrit:Ba unknow, faut pas être triste. C'est juste que comme j'ai pas trop le temps d'écrire en ce moment, je me garde de l'avance.

Ouais je vois. Je suis en 3e et je reste en cours jusqu'à 22h ... Alors l'université...
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Rikkichi_no_Baka le Jeu 23 Jan 2014, 22:30

Jusqu'a 22h?!  wtf 
C'est horrible!!
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Unknow le Ven 24 Jan 2014, 00:35

Rikkichi_no_Baka a écrit:Jusqu'a 22h?!  wtf 
C'est horrible!!

C'est pas tous les jours ...
Les mardis, c'est 17h, les vendredis 15h, les samedis 12h  arf .
Je ... surivrai ...
Bon, arrêtons ce flood.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Ven 24 Jan 2014, 13:36

Courage unknow. Pour la peine je vous posterai la suite ce soir. Si j'y pense...
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Mar 28 Jan 2014, 17:32

Le chapitre 3 est sorti. Vous le trouverez à la suite du 1 et du 2. Bonne lecture
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Taka no ponies le Mer 29 Jan 2014, 09:11

Bon, je réitère ici ce que je t'ai dit à l'oral : le style me fait vraiment trop oral. Et c'est pas ce que j'attends d'une histoire.
Je veux qu'on me la conte plus qu'on ne me la raconte. Et la nuance tient en plus que deux lettres. Ça nuit pas spécialement à la qualité de l'histoire, je pense pas, mais ça nuit à hmm... l'envie de lire ? En tout cas l'envie de s'immerger pleinement dedans. Ça me prend moins.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Mitsuki-chan le Mer 29 Jan 2014, 09:20

L'histoire est toujours aussi chouette !
Sinon, je reprends ce que j'avais dit un peu plus haut, mais le changement de "point de vue", si on peut dire, est trop brusque je trouve. Un coup on voit à travers les yeux de Mathias, et juste après ça passe à Fleur sans prévenir ^^ C'est un détail, mais dans la lecture ça accroche un peu. Mais bon, ça ne gêne peut-être que moi xD Par contre l'histoire me plait !
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Mer 29 Jan 2014, 09:28

Mitsu : Ah! Je viens de comprendre pourquoi. Sur ma mise en page, il y a des bandes noires qui séparent chaque changement de point de vue. Quand je copie-colle, elles apparaissent. Donc je pensais qu'elles étaient toujours la. Mais en fait, non. Elle disparaissent quand je poste... C'est pas pratique ça. Je vais essayer d'y remédier. J'aurai du faire plus attention. Merci Mitsu. 

Taka: J'écris un peu comme ça en fait. Mais c'est vrai que comme, en plus, c'est un premier jet, je n'ai pas vraiment retravailler l'écriture pour que ça fasse moins oral. Certains aiment beaucoup, d'autres moins. En tout cas, c'est intéressant comme point de vue et je prendrais ça en compte au retravail, quand j'aurai fini d'écrire l'histoire.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 09 Fév 2014, 09:50

Chapitre 4 is here. Je profite d'avoir internet assez longtemps pour vous le poster.
Spoiler:

Chapitre 4
Alors que Fleur et Mathias étaient en train d'essayer de dormir, Takama, elle était toujours en train de filer les enfants. Elle n'avait rien appris de plus mais elle était sûre d'être tombée sur un truc vraiment énorme. Que faisaient des enfants seuls dehors à une heure pareille, hein ? Aucun parent n'accepterait ça ! Les enfants pénétrèrent dans un baraquement. Elle ne put pas rentrer car il y avait des surveillants à l'entrée. Elle était quelque peu frustrée. Que pouvait elle faire ? Elle pouvait toujours attendre là, mais c'était un peu trop dangereux. Est-ce que sa découverte était assez importante pour ça ?

Elle décida que oui. Alors, plutôt que de quitter le lieu réellement, elle décida d'aller en faire le tour. Une idée venait de germer dans sa tête. Si, comme elle le pensait, son père avait été raflé, elle pourrait se servir de ce qu'elle allait découvrir ici pour le sauver. Inutile de le faire évader, personne n'avait jamais réussi. Par contre, échanger son père contre son silence… C'était une idée de génie, risquée certes, mais on avait rien sans rien. Elle revint sur ses pas pour essayer de trouver l'entrée du lieu. Elle n'avait rien remarqué mais en même temps, elle ne faisait pas très attention à ce qu'il y avait autour d'elle quand elle courait.

Elle mit quelques minutes à rejoindre l'entrée et quand elle y arriva, elle faillit passer devant sans la voir. Pas étonnant qu'elle ne l'ait pas remarquée. Il n'y avait rien à part une barrière, et celle-ci était levée. Une barrière comme celles qu'on utilisait avant, pour les trains. Maintenant, on n'utilisait plus ce genre de système. Les portes étaient réglées pour n'être ouvertes que par certaines personnes. Un système très perfectionné, ce qui rendait possible le fait de savoir qui avait franchi une porte dans la journée et ainsi qui était où et quand. Pour pouvoir entrer dans un magasin, elle, qui n'était fichée nulle part, devait entrer dans le sillage d'une personne. Ça n'était pas toujours simple.

Pourquoi est-ce que cet endroit n'était pas fermé de cette façon ? Puis, en regardant plus précisément autour d'elle, elle remarqua qu'il n'y avait aucune nouvelle technologie utilisée de l'autre côté de la barrière. Elle resta incrédule à la vue de cette chose complètement illogique. Pourquoi ces enfants ne vivaient-ils pas dans un endroit comme tout le monde ? Peut-être n'étaient-ils pas fichés comme tout le monde ? Mais alors qui étaient-ils ? Un tas de question tournaient dans sa tête. Toute seule, elle n'arriverait pas à y répondre, mais si Fleur et Mathias acceptaient de l'aider peut-être pourraient-ils résoudre cette question.

Elle continua de se promener quelques temps autour des murs, pour essayer de glaner des informations visuellement. Elle devait toujours rester discrète mais bizarrement, elle ne croisa personne. Comme si personne ne surveillait l'endroit. Soudain, elle se rendit compte que le soleil était en train de se lever. Elle ne pensait pas avoir passé autant de temps là-bas…
Il fallait qu'elle revienne sur ses pas pour trouver le magasin. Elle aurait bien aimé demander son chemin mais elle ne pouvait pas… Trop dangereux. Autour d'elle, la vie reprenait son cours. Des gens sortaient des maisons, sûrement pour aller travailler. Ils souriaient. C'était bizarre, presque surnaturel. Le monde continuait, malgré ce qu'il s'était passé cette nuit. Personne n'avait bien dormi c'était certain, ça se voyait sur leurs visages mais c'était caché par un masque fortement ancré. Elle n'avait jamais remarqué ça auparavant. Peut-être n'était-elle pas assez attentive à ce qu'il se passait autour d'elle…

Elle ne savait plus vraiment où elle était, ni où était la boutique de Fleur, mais bizarrement, elle ne s'en souciait pas vraiment. Elle remarqua que la ruelle dans laquelle elle était se finissait par un pont. Un cours d'eau coulait là. Un cours d'eau en plein milieu du quartier. « Encore une chose incongrue » souffla-t-elle à elle-même.

Arrivée au niveau du pont, elle vit une échelle toute petite qui permettait de descendre au niveau de l'eau. Elle l'emprunta et alla se poser au bord de l'eau, sur l'herbe. Le soleil essayait de sortir des nuages. Elle n'avait pas l'impression d'être dans le même monde. Personne n'allait la chercher et personne n'allait la trouver ici. Elle décida donc de prendre un peu de repos. Elle en avait besoin. À la base, elle voulait réfléchir. Mais ayant passé la nuit à se promener dans un endroit bizarre, elle était en manque de sommeil et elle s'endormit très vite.

Elle se réveilla soudainement. Elle avait eu la profonde impression dans son sommeil de ne plus être seule. Et elle avait raison. Quand elle ouvrit les yeux, elle vit deux petites bouilles enfantines qui l'observaient. Elle eut un peu peur mais quand elle vit les deux sourires apparaître sur leur visage, elle se calma.


« Ça y est, elle se réveille » dit le premier. Il avait des cheveux blonds et de grands yeux verts. Il lui rappelait quelque chose mais elle n'arrivait pas à savoir quoi.
« Oui, il était temps. C'est Fleur et Mathias qui vont être contents. » Dit la petite fille avec lui. Elle avait des cheveux courts et roux. Au début, elle l'avait prise pour un garçon mais sa voix l'avait fait changer d'avis. En entendant les noms de ses amis, Takama sursauta.
« Vous connaissez Fleur et Mathias ? Mais comment… »
« Comment on t'a retrouvée ? » Dit la petite fille. Takama hocha la tête, vraiment surprise. Ce fut le garçon qui répondit.
« C'est Mathias qui nous a demandé de l'aide. Il sait que le réseau des enfants des rues sait toujours plein de choses. Tu n'es pas passé inaperçue, tu sais » Elle lui lança un regard surpris et apeuré. « Ne t'inquiète pas pour ça. Nous non plus, on n'a pas le droit d'être là. On ne va pas te dénoncer parce qu'on se dénoncerait nous même. On passe inaperçus mais on connaît tout de tous les quartiers. Alors quand il y a quelqu'un qui se trouve à un endroit où il ne devrait pas, on le sait. C'est comme ça qu'on t'a retrouvée. Et puis je t'ai déjà vue, donc je me souviens de toi. Même si à mon avis, tu ne m'a pas reconnu »

Un voile de tristesse passa dans le regard du garçon mais il partit vite quand Takama lui répondit.

« Si, je m'en souviens à présent. Tu étais en train de parler à Mathias une fois quand je suis sortie de ma cache. Et tu t'es enfui en courant. Mathias m'a dit ton nom mais ça fait longtemps, et je ne m'en souviens plus très bien. La seule chose que je sais, c'est que ça commence par un A. »
« Tu as un bonne mémoire quand même, Takama. Je m'appelle Arthur et elle, c'est Aline. » La petite rouquine sourit. « Bon, si on rentrait maintenant ? Ils vont nous attendre. Et je vois à ton regard que tu as beaucoup de questions, mais ça viendra après, si tu veux bien. Ici, c'est trop dangereux. »

Takama se releva et suivit Aline et Arthur. Aline avait l'air timide et ne parlait que très peu. Elle boitait légèrement à cause de sa jambe droite. Takama ne lui posa pas de questions même si ça tournait à toute vitesse dans sa tête. Ils avançaient très vite mais en même temps très discrètement. Arthur lui paraissait avoir à peine dix ans, comme Aline, mais il avait l'air mature pour son âge.
La jeune femme pensait qu'elle connaissait plutôt bien le fonctionnement de Scolaria mais en fait, elle se trompait grandement. C'était un pays plein de secrets… En Risari, on disait que Scolaria était le pays où les enfants étaient le mieux éduqués et où la famille était sacrée. Mais alors, pourquoi avait-elle avec elle des enfants qui disaient connaître le réseau des enfants des rues ? D'ailleurs, qu'est-ce que c'était que ce réseau ? Pourquoi, et surtout comment, des enfants d'une dizaine d'années pouvaient-ils être considérés comme hors la loi ?

Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus. Ils venaient d'arriver dans une cour. Elle ne connaissait pas l'endroit. Elle prit peur. C'était peut être un piège ? Elle prit la parole tout doucement. Elle essaya d'avoir l'air rassuré mais sa voix tremblait.

« On n'est pas au magasin là ? »
« Ne t'inquiète pas, on t'expliquera dès qu'on sera entrés. La seule chose que je peux te dire, c'est que Fleur et Mathias sont là eux aussi »

Elle allait répliquer quand elle vit apparaître dans la porte les visages de ses amis. Elle leur sauta dans les bras. Bizarrement, elle était très heureuse de les voir. Elle se retint de hurler de joie en voyant le doigt d'Arthur posé sur ses lèvres. Elle ne put pourtant pas retenir une question.

« Mais qu'est-ce que vous faîtes là, tout les deux ? On est où, là ? »
« Takama. On va bien merci… » Dit Mathias avec un grand sourire. « Si on montait là-haut ? Il y a des trucs à grignoter et à boire. Tu dois avoir faim. Et puis, assis dans des canapés, ça sera plus confortable pour parler. Parce que toi aussi, tu en as des choses à nous raconter… Tu étais où et surtout, tu as fait quoi pendant ce temps ? »

Takama sourit et les suivit dans l'escalier en colimaçon. Elle n'était jamais entrée dans un bâtiment aussi grand et aussi vieux. Ils montèrent trois étages de cet escalier en bois un peu glissant puis Mathias introduit un morceau de métal dans la porte, lui fit faire un tour et la porte s'ouvrit. Encore une chose qui venait des années passées. Ils entrèrent chacun leur tour dans l'appartement. En entrant, Takama eut l'impression de revenir en arrière, comme si elle était montée dans une machine à remonter le temps… Fleur se retourna vers elle et lui sourit.

« Toi aussi, tu trouves ça bizarre ? »

La question de Fleur ne demandait pas de réponse. Takama lui sourit en retour. Dans leur cache, elle et son père avaient plus essayé de trouver des failles aux nouvelles technologies pour pouvoir les utiliser, plutôt que de reprendre les anciennes technologies. Alors qu'ici, tout semblait avoir 500 ans environ. Dans la cuisine, elle pouvait apercevoir un batteur électrique et des casseroles. Maintenant, plus personne de faisait la cuisine. Enfin, pas vraiment… Il suffisait de mettre les différents ingrédients dans les compartiments d'un Cookall et le plat se faisait tout seul. Tout le monde en possédait un. En Risari, ils avaient été dans les premiers à s'en procurer un. Cuisiner était devenu une perte de temps quand une machine pouvait la faire toute seule. Dans la cache, ils avaient réussi à s'en procurer un. Ils l'avaient trouvé en mauvais état alors ils l'avaient réparé. Pourquoi vivaient-ils comme ça ici ? D'ailleurs, qui vivaient là ?

Comme si il avait entendu sa question, Mathias annonça : « Bienvenue chez moi ! »
« Chez toi ? » dit Takama surprise.
« On dirait Fleur » répondit-il en riant. « Elle a réagi comme toi quand on est arrivés ici. Mais oui, vous êtes ici chez moi. Et c'est aussi un des repaires des enfants des rues. Je le leur prête parfois. Aller, installez-vous tous dans le salon. » Ajouta-t-il en ouvrant une porte.

Une grande pièce très colorée apparut. Elle ne contenait que des canapés et un poste d'Intervision. Takama s'assit à côté de Fleur dans un confortable canapé vert pomme. Arthur et Aline qui les avaient suivies se posèrent dans un canapé recouvert de toile rouge. Mathias s'affala dans un fauteuil noir placé à coté de celui de Takama et Fleur. Il ne manqua pas le sourire un brin moqueur de Takama quand celle-ci remarqua le choix de son ami. C'était le seul meuble sombre de la pièce.

« Le reste de la maison est plus dans ces tons-là, ma belle lionne, mais ici c'est le repère des enfants. Tout n'allait pas être noir corbeau, quand même. Mais on n'est pas ici pour parler de déco n'est-ce pas ? Je suppose qu'Arthur et Aline t'ont parlé des enfants de la rue. »
Takama hocha la tête et Mathias reprit.
«Et bien ici, c'est un de leurs repaires. C'est un endroit où ils se retrouvent quand ils sont en danger. Il se peut d'ailleurs qu'on ne soit pas seuls longtemps. Tu dois te demander pourquoi je ne t'en ai jamais parlé. Rassure-toi, Fleur ne connaissait pas ça non plus. J'ai beaucoup de secrets, ça vous le savez, mais aujourd'hui, je vais devoir vous raconter un peu mon histoire parce que vous risquez de ne pas tout comprendre. Aline et Arthur connaissent déjà tout ça. Et je vais aussi devoir vous raconter la leur d'histoire. Vous êtes d'accord ? »

« Oui Mathias. » Répondirent-ils en chœur.
« Bon, c'est parti alors… Je vous préviens, ça n'est pas des plus gais. Mais vu que l'une comme l'autre, vous ne connaissez pas ou ne vous souvenez pas de tout le fonctionnement de Scolaria…»

Et Mathias commença à raconter son histoire aux deux jeunes femmes qui l'écoutaient sagement. Aline posa sa tête sur l'épaule d'Arthur et tout deux écoutèrent aussi très sagement l'histoire...

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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Unknow le Dim 09 Fév 2014, 19:00

Pourquoi chaque nouveau chapitre est un double post ?
Sinon, le chapitre est AWESOME.
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Re: Les fleurs de la mémoire

Message par Eléa no ponies le Dim 09 Fév 2014, 19:39

Parce que je suis une feignasse et que je veux pas faire un copier coller citer supprimer avant de faire le post suivant.
Merci pour l'avis sinon
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